Les écoles de devoirs: parce la réussite scolaire joue aussi un rôle sur le bien-être et la santé des enfants

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Dans quelques jours sonnera la fin de la récré : nouveaux cahiers, mallette flambant neuve et... retour des devoirs ! A quelques jours de la rentrée, l'occasion idéale de s'interroger sur les associations d'écoles de devoirs – elles sont 350 en Fédération Wallonie-Bruxelles – qui soutiennent des centaines d'enfants en accueil extrascolaire, tout au long de l'année, et veillent sur leur bon développement intellectuel, social et psychique.

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« Les difficultés de vie au quotidien rencontrées par bon nombre de familles aujourd'hui entraînent chez elles toutes sortes de « mal-vivre » qui se traduisent par des problèmes de santé physique et psychologique », entame Véronique Fagan, coordinatrice de l'Accueil extrascolaire au sein de Latitude Jeunes, FPS-Réseau Solidaris. « Les familles en situation de précarité développent un grand sentiment d'insécurité qui met à mal tous les côtés de leur vie.

Malgré toutes les carences tant du point de vue économique que sur le plan social et culturel, nous pouvons constater que un parent reste un parent avant tout. Les parents souhaitent le meilleur pour leurs enfants et, dans cette volonté d'épauler leurs enfants, on retrouve en première place la réussite scolaire des enfants. »

C'est ici que les Ecoles de devoirs (EDD) jouent un rôle important : « Les papas et les mamans viennent nous rencontrer afin que nous puissions soutenir leurs enfants dans leur parcours scolaire », poursuit Mme Fagan. Concrètement, l'école des devoirs va aider les enfants dans la réalisation de leurs devoirs, mais ce n'est pas tout : « Nous mettons en place différents ateliers créatifs, ludiques, sportifs, que nous proposons aux enfants lorsqu'ils ont terminé leurs devoirs afin de les revaloriser dans leurs compétences diverses. Reprendre confiance en eux, prendre conscience des compétences de savoir-être et savoir-faire qu'ils ont, retrouver du plaisir au "vivre ensemble" change petit à petit leur parcours scolaire. »

Rendre leur rôle aux parents

C'est le pari des EDD: redonner aux enfants prise et pouvoir sur leur parcours de vie, les convaincre qu'ils sont acteurs de leur environnement et qu'ils peuvent changer leur regard sur ce qui les entoure et sur le regard que les autres portent sur eux. Un pari où les parents ont toute leur place aussi.

« Nous les considérons comme notre partenaire le plus important. Petit à petit, nous leur rendons un rôle dans la scolarité de leurs enfants. Nous faisons en sorte de les valoriser eux-aussi en tant que bon parent de leur enfant, et nous travaillons à leur redonner confiance en eux », souligne la coordinatrice de l'Accueil extrascolaire de Latitude Jeunes. « Cette relation de confiance que nous construisons avec eux nous mène souvent sur des chemins qui ne sont pas notre mission première ».

Car les familles ont parfois beaucoup de problèmes à régler, notamment dans des démarches administratives qu'elles ne maîtrisent pas, souvent à cause de leur déficit en langue française, notamment. « En les côtoyant semaine après semaine, nous sommes souvent sollicités par elles, et faisons en sorte de les orienter vers les bons services d'aide. Nous veillons cependant, comme avec leurs enfants, à les rendre toujours plus autonomes et à ne pas les laisser dans l'état de « demandeur ». »

« Une Ecole des devoirs, c'est tout ça, c'est cultiver le sens du VIVRE ENSEMBLE. Je suis convaincue que dans une optique de bien-être et de santé, les écoles de devoirs jouent un rôle important et sont des lieux de vie qui comptent. »

Des volontaires de tous horizons pour encadrer les enfants

Véronique Fagan, coordinatrice de l'accueil extrascolaire au sein de Latitudes Jeunes

« En EDD, nous travaillons beaucoup avec des volontaires qui viennent de tous les horizons. Ce ne sont pas nécessairement des « pensionnés de l'enseignement », comme on l'imagine souvent », reprend Véronique Fagan. « Il s'agit aussi beaucoup d'adultes qui ont été, pour différentes raisons, en difficulté de vivre, et qui viennent chercher aussi une image valorisée d'eux et de leurs compétences. Nous avons autant besoin de personnes qui peuvent aider scolairement les enfants parce qu'ils ont la maîtrise de certaines matières scolaires, que de personnes qui connaissent une langue étrangère et qui peuvent nous aider en tant que traducteurs auprès de familles primo-arrivantes. Nous avons besoin de ces personnes qui ont un sens de l'accueil convivial, et qui font en sorte que les parents qui déposent leurs enfants à l'EDD ne disparaîtront pas très vite mais, au contraire, s'installeront pour boire un thé ou un café avec l'équipe, nous permettant ainsi de construire une relation de confiance avec eux. Tous ces volontaires qui, alors qu'eux-mêmes ont une vie compliquée et rarement facile, donnent de leur temps à l'école des devoirs, trouvent aussi de quoi revaloriser leur image et le regard qu'ils posent sur eux-mêmes et que les autres posent sur eux. Venir à l'EDD plusieurs fois par semaine les sort de leur isolement et leur rend une vie sociale. Ainsi, la boucle est bouclée. »

Par Cécile Vrayenne - Sud Presse en collaboration avec les mutualités Solidaris - Parution 27/08/2016