L'alimentation

Réalisée par Internet auprès d'un échantillon représentatif de 1200 personnes, la dernière enquête du Thermomètre Solidaris – Mutualité Socialiste concerne le rapport à l'alimentation.

Comment les Belges francophones perçoivent-ils l'offre de produits alimentaires ?
Dans quelle mesure les messages de santé publique ont-ils un impact sur leur consommation ?
Comment évaluent-ils l'impact de leur alimentation sur leur santé et l'environnement ?

Quel est notre rapport à l'offre alimentaire ? 6 chiffres clés

  1. 48% des personnes ayant un niveau d'étude primaire ou secondaire inférieur trouvent que les conseils santé (de prévention) sont contradictoires, contre 19% des universitaires ;
  2. 25% des consommateurs pensent que le bio est vraiment une garantie pour la santé et l'environnement ;
  3. 57% des gens trouvent que les étiquettes sont souvent incompréhensibles ;
  4. 58% des gens pensent que la publicité nous pousse à mal manger ;
  5. 7% des consommateurs estiment que les pouvoirs publics font ce qu'il faut pour protéger le consommateur des risques alimentaires,
  6. 55% ne le pensent pas du tout.

Le règne de l'opacité

Les consommateurs interrogés dénoncent une grande opacité sur toute la chaîne alimentaire, ils sont méfiants. De la production à la distribution en passant par la transformation, le consommateur est dans le brouillard. Il a le sentiment qu'il y a un manque de transparence délibéré.

Plus de la moitié des consommateurs pensent qu'on leur cache la présence d'OGM.
Pour une large majorité, la course à la productivité est recherchée à tout prix, et cela au mépris de sa santé et de l'environnement.
67% des personnes interrogées ne savent plus vraiment ce qu'ils achètent comme produits alimentaires.
Pour 68% des consommateurs, il faut revoir de fonds en comble la façon dont nous produisons ce qui arrive dans nos assiettes.

Des consommateurs inégaux face à l'alimentation

Face à la nécessité de manger mieux, constamment rappelée par les campagnes de santé publique (ex : « Mangez 5 fruits et légumes par jour »), mais confronté au règne de l'opacité, le consommateur-mangeur estime qu'il est le seul acteur à pouvoir agir concrètement et individuellement (ex : manger des produits frais, etc.).

Une majorité des individus (56%) pense vraiment que leurs choix des produits alimentaires peut avoir un impact sur leur santé.
Ils sont moins nombreux (39%) à penser qu'ils peuvent agir sur l'environnement.

Autre élément frappant : le sentiment d'une réelle capacité d'agir est largement influencé par le niveau social des individus. Plus ils sont armés financièrement et intellectuellement, plus ils ont le sentiment de pouvoir, individuellement du moins, mettre en place des actions de résistance. Ces inégalités sociales impactent aussi la compréhension des messages de santé publiques. Ils sont davantage perçus comme contradictoires voire culpabilisants au sein des milieux populaires.

Face à une perception d'opacité largement partagée (quel que soit le niveau social), la population met en place différents comportements.

Trois grands groupes se distinguent

  1. 43% de la population ne souhaite pas agir (individuellement) : soit parce qu'ils n'ont vraiment pas envie (11%), soit parce que le doute les habite largement (32%).
  2. 26% voudraient agir mais sont bloqués, soit par leurs revenus (9%), soit par le sentiment d'être démunis et mal renseignés pour trouver une offre de réelle qualité (15%). On retrouve davantage une population défavorisée, que ce soit financièrement (ils font leurs courses à 5€ près) ou en termes d'éducation.
  3. Enfin, 33% de la population est inscrite dans le changement : pour les uns (21%), ce processus est amorcé, c'est leur santé qui a prioritairement guidé ce choix. Pour les autres (12%), ils sont continuellement à la recherche de pratiques qui auront un impact global, à la fois sur leur santé et sur l'environnement. Au sein de ce groupe, on trouve davantage les catégories socio-professionnelles aisées.

Une forte attente des pouvoirs publics

Par rapport à ce qu'ils mettent en place actuellement en matière d'alimentation, les pouvoirs publics sont jugés sévèrement. Seulement 9% de la population pense que les pouvoirs publics nous protègent en garantissant la qualité des produits alimentaires. Ils sont pourtant largement plébiscités par les consommateurs pour agir et « ne pas laisser faire la loi du marché » (56%).

En synthèse

Afin de lever l'opacité et de répondre aux attentes des consommateurs, Solidaris-Mutualité Socialiste estime qu'il est essentiel de mettre en œuvre une véritable politique de l'alimentation, intégrée et transversale, qui agirait à la fois sur l'offre et sur la demande. C'est à la fois au niveau belge mais aussi et surtout au niveau européen qu'il faut agir.

Par ailleurs, cette enquête montre aussi qu'en matière d'alimentation, les préoccupations individuelles de santé passent avant les enjeux environnementaux. Pourtant, tout est lié et seule une approche systémique permettra de remédier à la problématique.

Enfin, Solidaris - Mutualité Socialiste et son important réseau associatif proposent diverses initiatives en matière d'alimentation dans le cadre programme de promotion de la santé « Goûtez-moi ça ! ». Parrainé par Carlo de Pascale (fondateur de « Mmmmh ! » et chroniqueur culinaire à la RTBF), ce nouveau programme de promotion de la santé, a pour but de favoriser l'accès de tous à une alimentation de qualité.

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Télécharger "Thermomètre Solidaris 4 - L'alimentation (décembre 2013)" (pdf, 1.15 Mo)