Thermomètre n°7 : que vivent les "retraité(e)s récent(s)"? (septembre 2015)

638 personnes, représentatives des jeunes retraités francophones selon les quotas classiques (âge, genre, niveau d'études, type d'habitat, localisation géographique), ont été interrogées dans le cadre de cette enquête.

Principaux constats

Ce Thermomètre Solidaris – RTL Info– Le Soir démonte de nombreux stéréotypes.

Non, les retraités ne craignent pas tous la solitude et se sentent encore bel et bien utiles à la collectivité. Autre constat important : beaucoup regrettent qu'il n'y ait pas eu d'aménagements des conditions de travail pour les inciter à rester plus longtemps la vie professionnelle.

Cette investigation dans l'univers des retraités récents - c'est-à-dire ayant pris le statut de pré-retraité, pré-pensionné ou retraité depuis maximum cinq ans – souligne premièrement que les trajectoires de vie sont de moins en moins linéaires et standardisées. La société n'est pas suffisamment adaptée à des parcours de vie de plus en plus individualisés : c'est le constat principal de ce Thermomètre Solidaris intitulé « Que vivent les retrait(e)s récent(e)s ? ».

Travailler plus longtemps mais dans de meilleures conditions

Le regard que les jeunes retraités portent sur leur carrière est unanime : les motivations de quitter la vie professionnelle avant l'âge légal de la retraite relèvent surtout du stress constant au travail et la charge de travail trop forte. Ainsi, le passage de la vie professionnelle active au statut de retraité n'est pas du tout vécu par une très large majorité, comme une cassure, un traumatisme ou une mort sociale. Beaucoup d'entre eux auraient certes apprécié de travailler plus longtemps, mais seulement si les conditions de travail avaient été réaménagées.

Avec aménagement du temps de travail, j'aurais été prêt(e) à travailler jusqu'à :

tableau

Perte de confiance envers notre système

Autre constat majeur, les séniors expriment une défiance totale à l'égard du système économique et financier. La grande majorité d'entre eux ne pensent pas que les responsables politiques agissent vraiment pour améliorer la qualité de vie de la population. Neuf retraités récents sur dix – pensent que "l'Etat et la Sécurité sociale vont les protéger de moins en moins". Les plus précarisés qui ont un réel sentiment d'abandon de la part de l'Etat et de la société. Ils ressentent une très forte inquiétude concernant l'avenir des générations suivantes : tout comme les 18-30 ans interrogés dans le Thermomètre Solidaris précédent, les jeunes retraités sont près d'un sur deux à affirmer que leurs enfants auront des conditions de vie moins bonnes que les leurs.

tableau 2

Peur de la solitude ? Pas vraiment

Contrairement aux idées reçues, les jeunes retraités ne souffrent pas tous de l'isolement. Seuls deux sur dix expriment une vraie anxiété et une peur de la solitude. L'angoisse principale pour une grande majorité d'entre eux de devenir, plus tard, « une charge pour leurs proches ».

Al'aise avec les nouvelles technologies

Un autre stéréotype est mis à mal par cette enquête : les jeunes retraités se sentent à l'aise avec les nouvelles technologies. Internet occupe par exemple une place importante de leur emploi du temps, ils y passent en moyenne plus de 3 heures par jour.

Recommandations de Solidaris

Afin d'améliorer le bien-être des retraités récents, la Mutualité Solidaris développe dans ce Thermomètre des recommandations :

prévoir une réduction de la pression constante ressentie dans leur vie quotidienne et particulièrement dans le monde du travail. Cela doit passer par des aménagements de conditions de travail.

réduire le coût de l'absentéisme, des burn-out, de la diminution de la motivation, etc.

renégocier le contrat entre les générations afin de répartir autrement les temps de travail, de formation et d'inactivité indemnisée sur l'ensemble de l'existence. Il s'agit, ni plus ni moins, de reconfigurer les politiques sociales.

Télécharger "Thermomètre n°7 : que vivent les "retraité(e)s récent(s)"? (septembre 2015)"