Réduire les inégalités sociales de santé

​État des lieux

De nombreuses études ont démontré le lien étroit entre inégalités sociales et inégalités de santé. Contrairement à une idée reçue les inégalités sociales d​e santé ne se résument cependant pas à un clivage entre les plus riches et les plus pauvres. Elles se retrouvent à tous les niveaux de l'échelle sociale. Malgré les progrès de la médecine, ces inégalités sociales de santé persistent et s'accroissent même.

reduire-inegalites-sociales-de-sante-500x300

Les inégalités sociales de santé sont plus particulièrement prononcées dans certains domaines de la santé. L'état de santé physique et mentale des personnes issues des milieux plus précaires est ainsi sensiblement plus dégradé. De même la santé bucco-dentaire et les comportements préventifs sont aussi très marqués par le clivage social. Le niveau de remboursement insuffisant, voire inexistant, de la prise en charge de ces problèmes de santé par l'assurance maladie obligatoire, de même que l'application de tickets modérateurs sur les soins de première ligne génèrent un report de soins, facteur à son tour d'accentuation des inégalités sociales de santé.

Nos Revendications

1. Établir un plan stratégique interfédéral pour réduire les inégalités sociales de santé de moitié d'ici 2030 avec des objectifs clairs et mesurables, des mesures concrètes ainsi qu'une approche coordonnée pour les mettre en œuvre aux différents niveaux de pouvoirs.

2. Lever tout obstacle financier à l'accès aux soins de base.

  • Le remboursement intégral des consultations du médecin généraliste et des soins dentaires de base pour les patients ayant ouvert un DMG auprès de leur médecin généraliste.
  • Le soutien au développement des maisons médicales avec extension du modèle des maisons médicale au forfait aux prestations de base des dentistes et des psychologues cliniciens. 

3. Combler le clivage social en santé mentale.

  • ​Le remboursement des huit premières séances du psychologue pour tous.
  • Sans prescription.
  • Sans suppléments d'honoraires.
  • Sans ticket modérateur pour le patient titulaire d'un DMG.

4. Protéger les populations les plus fragiles sur le plan socioéconomique et de la santé.

  • Le tiers-payant obligatoire généralisé pour les bénéficiaires de l'intervention majorée et les malades chroniques.
  • L'octroi automatique du droit à l'intervention majorée aux ménages en difficultés comme les familles monoparentales avec titulaire chômeur de longue durée, les ménages avec titulaire chômeur de longue durée isolé ou chef de ménage.
  • La diminution du seuil d'application du maximum à facturer à 250€ de tickets modérateurs par famille pour les ménages avec les revenus les plus faibles et les BIM.
  • L'intégration dans les “compteurs Maf” des tickets modérateurs payés sur le prix de journée en hôpital psychiatrique pour les séjours de longue durée (plus d'un an).

5. Promouvoir un système de sécurité sociale fort pour que la maladie de longue durée ne débouche pas sur la précarité.

  • Mettre en œuvre l'individualisation des droits sociaux, à commencer par un alignement du statut de cohabitant sur celui de personne isolée, notamment dans le secteur des indemnités.
  • Le relèvement des indemnités minimales jusqu'à 10% au-delà du seuil de pauvreté dès le premier jour d'incapacité.
  • Ramener la période de stage de 12 à 6 mois.
  • Revoir les règles actuelles de calculs des indemnités en cas de reprise du travail à temps partiels défavorables aux travailleurs à faibles revenus.
  • Reconnaître l'épuisement professionnel (burn-out) comme maladie professionnelle.

6. Combattre les exclusions de l'accès aux soins de santé.

  • Simplifier les procédures administratives en les envisageant comme des facteurs d'inclusion plutôt que des facteurs d'exclusion.
  • Investir dans l'accompagnement des personnes pour les aider à régulariser leur situation et renforcer l'effectif du personnel administratif et social dans les mutualités et les CPAS.
  • Mieux informer l'ensemble des acteurs concernés, tant prestataire que bénéficiaire, pour que l'accès à l'aide médicale urgente soit une réalité.
  • Simplifier les procédures administratives d'octroi de l'aide médicale urgente.
  • Centraliser et harmoniser les procédures pour éviter les différences d'interprétation selon le CPAS.

7. Renforcer les politiques de prévention et de promotion de la santé envers les populations les plus précarisées et les plus jeunes.

  • Doubler le budget consacré à la prévention et à la promotion de la santé en Belgique.
  • Définir, mettre en œuvre et évaluer des plans de prévention et promotion de la santé, coordonnés aux différents niveaux de pouvoir, sur des thématiques prioritaires.
  • Renforcer l'ancrage local et la transversalité de la prévention et promotion de la santé notamment en favorisant le développement de réseaux locaux et en donnant davantage de moyens et de missions aux Centres locaux de Promotion de la Santé.
  • Mieux définir les besoins des publics précarisés en matière de prévention et promotion de la santé via des initiatives de recherche-action. Mettre la priorité sur des politiques de sensibilisation et d'accompagnement adaptées à ces besoins et ce, dès l'école.
  • Supprimer le mécanisme de pénalisation financière prévu dans les trajets de soins buccaux qui aboutit à creuser davantage les inégalités sociales en matière de recours aux soins dentaires.
  • Renforcer la réduction des risques en milieu festif via la mise sur pied de plateformes réunissant les acteurs de la prévention et les organisateurs d'évènements et la généralisation de la labellisation d'évènements festifs responsables sur base du modèle Quality Nights.
  • Clarifier la loi sur la vente, l'offre et le service de boissons alcoolisées.

8. Rendre effective l'inclusion des personnes en situation de handicap dans notre société.

  • Tenir compte des besoins des personnes handicapées et de leurs familles en soutenant des conseils consultatifs aux différents niveaux de compétences ainsi que les associations qui les représentent.
  • Mettre à tous les niveaux – loisirs, culture, justice, hébergements, enseignement, services publics - les politiques rendant la personne handicapée libre et autonome dans un environnement ouvert.

9. Reconnaître l'IVG comme un enjeu de santé publique.

  • ​Supprimer les sanctions pénales à l'égard des femmes et des médecins en cas de non-respect des conditions imposées par la loi relative à l'interruption volontaire de grossesse du 29 octobre 2018.
  • Améliorer les conditions d'accès à l'IVG.