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Quand le patient est un enfant : Pas tous égaux face aux médicaments !

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France Mouillet, pharmacienne à Trooz, répond à ces questions et nous livre quelques trucs et astuce

On croit souvent bien faire mais l'automédication n'est pas sans risque surtout quand le patient est un enfant ! En effet, votre progéniture n'élimine pas les médicaments de la même façon que vous, il faut donc redoubler de prudence car « un médicament n'est pas un bonbon » !

A quoi faut-il être attentif ? Quelles sont les questions à se poser ?

  1. Demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin généraliste, seuls les professionnels de santé sont habilités à vous conseiller et à prescrire un traitement.

  2. Ne donnez jamais un médicament destiné à un autre enfant ou un médicament pour adulte. En effet, un traitement est prescrit pour une pathologie précise et pour un patient ciblé. Un médicament pour adulte n'est pas nécessairement adapté à l'enfant. Tout comme le médicament du grand frère ne conviendra pas à la petite sœur !

  3. Informez votre médecin ou votre pharmacien des éventuelles allergies ou traitements en cours de votre enfant afin d'éviter les contre-indications et les effets indésirables.

  4. Respectez impérativement le dosage prescrit, administrer trop ou trop peu peut s'avérer dangereux ou inefficace. Veillez également à respecter les consignes d'administration (avant ou après le repas, 3 fois par jour).

  5. N'administrez pas d'antibiotiques sans prescription médicale. En effet, un antibiotique n'est utile qu'en cas d'infection bactérienne. Or bon nombre d'infections sont virales et l'antibiotique sera dans ce cas inutile. Pire son utilisation entrainera outre d'éventuels soucis intestinaux, des problèmes de résistances aux antibiotiques qui risqueraient de ne plus être efficaces par la suite. Un antibiotique ne se réutilise pas. Une semaine à 15 jours après sa préparation sa validité est dépassée et il serait donc dangereux de l'utiliser.

  6. En cas de fièvre, le premier réflexe est de découvrir l'enfant de manière à faire chuter la température. Laissez-le en body, donnez-lui à boire régulièrement et contrôlez sa température. Pensez également au bain tiède ou à une douche légère à une température initiale de 37°C. La fièvre est un symptôme à ne pas négliger chez les enfants. Au-delà de 38°C, le premier choix sera alors de donner du paracétamol et de contacter un professionnel de santé.

  7. Conservez les médicaments à l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'humidité. L'armoire à pharmacie se situe trop souvent à tort dans la salle-de-bain ou dans la cuisine, lieux qui subissent des changements de température fréquents et qui sont à proscrire ! Pensez également à ranger vos médicaments dans un endroit inaccessible aux enfants.

Lorsque votre enfant est malade, veillez à surveiller :

Sa température : votre enfant a-t-il de la fièvre ?

Son comportement : est-il inhabituel, est-il excité ou au contraire accablé ?

Son alimentation : refuse-t-il progressivement de s'alimenter ou de s'hydrater ?

En cas de doute, consultez votre médecin ou votre pédiatre.

Un goût amer ? L'astuce de votre pharmacienne !

Quand il s'agit de faire avaler des médicaments à vos jolies têtes blondes, c'est souvent la croix et la bannière ! Pour atténuer le goût, France Mouillet, vous suggère de donner un petit glaçon (aromatisé ou non) afin «d'anesthésier» et ce, avant d'administrer le sirop au goût amer !

Et si vous optez pour la médecine alternative, demandez toujours conseil à votre pharmacien car la phytothérapie ou l'aromathérapie sont à utiliser avec prudence chez les petits.

Certaines plantes ou huiles essentielles étant même contre indiquées. L'homéopathie peut aussi aider dans certains cas mais il est plus prudent de demander conseil à votre pharmacien car un symptôme banal chez l'adulte peut s'avérer très conséquent chez l'enfant et nécessiter une prise en charge médicale rapidement.